L’homme, incapable de voler par ses propres moyens, aurait-il dû tout inventer avant de se libérer de l’attraction terrestre ? Pas si sûr… Après des milliers d’années de rêve de vol, il construit l’ «aérodyne », l’engin plus lourd que l’air capable de lui permettre de s’élever vers le ciel, et navigue enfin dans le fluide aérien. Oui, mais ce qu’il découvre alors, ce n’est pas seulement son monde terrestre vu d’en haut. Comme l’oiseau et à l’instar de certains insectes, il apprend alors à chercher les courants ascendants. Comme eux, il fait varier l’incidence de ses ailes pour favoriser l’indispensable « portance » qui le maintient en l’air, et s’efforce de mieux doser l’énergie dépensée. Sous l’œil attentif et infiniment patient de Rémy Michelin, l’un des photographes les plus doués de sa génération, oiseaux, insectes, avions et hélicoptères, au fil des pages de ce « De Plumes et de Fer », entament ainsi un ballet inédit, parfois subtil, toujours surprenant. Animaux et machines pilotées par l’homme, portés par le même fluide, nous rappellent que les mêmes causes produisent souvent, sinon toujours les mêmes effets. Le travail de Rémy Michelin, lui, réveille un désir ancien et réputé propre à l’homme : celui qui consiste à s’arrêter au bord du chemin et, ne serait-ce qu’un instant, à prendre le temps de s’émerveiller. |